Dans le Kordofan-Nord, le
rapport de force semble évoluer. Autour d’El-Obeid, ville stratégique du centre
du Soudan, l’armée affirme avoir repris l’initiative après plusieurs jours de
combats face aux Forces de soutien rapide (FSR), le puissant groupe paramilitaire
dirigé par Mohamed Hamdan Daglo, surnommé Hemetti
Après avoir concentré leurs forces autour de la ville pendant plusieurs mois, les paramilitaires auraient été repoussés vers l’ouest de la région, loin de l’axe routier reliant El-Obeid à Khartoum
Cette progression militaire de l’armée a été rapportée par
plusieurs sources, dont l’Agence France-Presse (AFP), qui cite deux sources
militaires affirmant que l’armée a repris le contrôle de cette route
stratégique
Le général soudanais Mohamed
Hamdan Daglo, à Khartoum, le 8 juin 2022. ASHRAF SHAZLY / AFP
Dans une déclaration vidéo publiée lundi 27 juillet, Mohamed Hamdan Daglo a affirmé qu’il ne retenait plus ses combattants comme auparavant. Cette prise de parole intervient alors que son mouvement traverse une période délicate sur le plan militaire, après les revers enregistrés face à l’armée soudanaise dans le Kordofan-Nord
À El-Obeid, la guerre du Soudan joue une
nouvelle carte
El-Obeid, joyau du réseau routi occupe une position
importante dans le réseau routier soudanais. Située entre plusieurs régions du
pays, la ville représente un enjeu majeur pour les deux camps qui cherchent à
contrôler les principaux axes de circulation et d’approvisionnement
Pour l’armée soudanaise, cette avancée représente une victoire stratégique dans une guerre qui s’enlise depuis avril 2023. Cependant, pour les Forces de soutien rapide (FSR), ce recul pourrait fragiliser leur capacité à maintenir la pression dans cette partie du territoire et compliquer leurs opérations
Source : https://lactualite.com/actualites/conflit-au-soudan-les-forces-de-soutien-rapide-ouvrent-un-nouveau-front/
Une guerre où les accusations s’accumulent
Le conflit soudanais ne se joue pas uniquement sur les
champs de bataille. Il est aussi marqué par une succession d’accusations
concernant les violences commises contre les populations civiles
Depuis le début de la guerre, les Forces de soutien rapide
(FSR) font l’objet de graves accusations de la part d’organisations de défense
des droits humains et d’acteurs internationaux, notamment pour des violences
signalées au Darfour
L’armée soudanaise, de son côté, est également mise en
cause par des organisations humanitaires et des observateurs qui dénoncent des
victimes civiles lors de certaines opérations militaires
Vue aérienne, 28 juin 2023 : incendie dans la ville d'Omdurman à cause de violents affrontements entre les Forces de Soutien Rapide et la Réserve Centrale - Abd_Almohimen_Sayed/Shutterstock
Mais derrière les affrontements entre deux forces rivales,
un même constat s’impose : les civils restent les principales victimes d’une
guerre qui continue de déchirer le pays. Des millions de personnes ont été
déplacées, confrontées à un avenir incertain et à un quotidien profondément
bouleversé
Source :
https://legrandcontinent.eu/fr/2026/02/17/soudan-guerre-civile-conflit-regional/
Les civils, premières victimes d’une guerre
qui s’enlise
Et dans le chaos, les populations souffrent
Déplacements massifs, difficultés d’accès aux soins,
pénuries alimentaires et infrastructures fantômes continuent de marquer le
quotidien de millions de Soudanais
Derrière les combats, le combat de survie est encore plus inquiétant surtout quand les repères se diluent petit à petit
Des familles séparées par l’exil, des enfants privés d’école, des malades confrontés à des systèmes de santé affaiblis et des communautés entières contraintes de s’adapter à l’urgence
Alors que les militaires se disputent le contrôle du
territoire, les civils, eux, tentent de préserver ce qui reste de leur ancienne
vie. Trouver de la nourriture, accéder à des soins ou simplement assurer sa
sécurité est devenu un défi permanent
PHOTO EL TAYEB SIDDIG,
ARCHIVES REUTERS
La bataille du terrain, l’échec de la
diplomatie
Deux ans se sont effondrés depuis le début des combats,
mais les armes continuent toujours de dicter le rythme d’un pays privé
d’horizon politique. Certes, les avancées militaires autour d’El-Obeid
pourraient modifier l’équilibre sur le terrain, mais elles ne signifient pas la
fin à une guerre qui a profondément fragilisé le Soudan
Car derrière les cartes militaires et les victoires
revendiquées par les deux camps, une autre réalité demeure : celle d’un pays où
des familles attendent encore de rentrer chez elles, de retrouver leurs proches
et de reconstruire une vie que la guerre a bouleversée
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